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La contribution de RETIS aux Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche

08/10/2012 Thème : Actualités Réseau/lobbying

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Patrick Valverde, président de RETIS a été auditionné le 18 septembre dernier par le comité de pilotage des Assises de l’ESR, afin d’apporter la contribution du réseau national de l’innovation à ce grand débat lancé le 11 juillet par Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche :

"RETIS, le réseau national des Technopoles, Incubateurs, Centres Européens d’Entreprises et d’Innovation, Pôles de Compétitivité entend légitimement contribuer, de manière active et opérationnelle à la refondation du paysage de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche."

"Notre souhait est de voir les SATT jouer pleinement et efficacement leur mission de financement de la maturation technologique qui leur était dévolue initialement, afin notamment de placer nos Start Up dans les meilleures dispositions pour croître et se développer plus rapidement avec une ambition décuplée, et de se concentrer sur ce seul objectif. Nous préconisons de remanier le périmètre et la gouvernance des SATT en les faisant évoluer par une ouverture sur les acteurs du développement de l’innovation de leurs territoires et bien sur aux régions et métropoles."

"En corollaire nous souhaitons que soit relancée une réflexion sur la pérennité et l’avenir du système d’incubation français."Nous souhaitons qu’une meilleure optimisation des outils existants soit recherchée en priorité, pour optimiser l’éco système français de l’innovation et rassurer les entrepreneurs déroutés par les changements institutionnels trop nombreux"

"Nous proposons que soient développées les expérimentations sur l’internationalisation des Start Up et l’attractivité de notre pays pour les étudiants, les créateurs, et les chercheurs étrangers."

RETIS est le réseau national des incubateurs, centres européens et d’innovation, technopoles, et pôles de compétitivité. Nous rassemblons plus de 100 structures sur l’ensemble du territoire français, et accompagnons 10 000 entreprises par an dans leur développement, le plus souvent en lien étroit avec la recherche publique et le milieu académique.

Au quotidien, les acteurs de RETIS sont au contact des entrepreneurs, des enseignants chercheurs,des étudiants. Cette position de terrain nous donne aujourd’hui la légitimité d’intervenir dans le débat sur la refondation du paysage de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

REMANIER LE PERIMETRE ET LA GOUVERNANCE DES SATT :

Nous préconisons la révision du périmètre d’action et du mode de financement des sociétés d’accélération du transfert de technologie (SATT). En effet, une des forces qui a régit la démarche de lancement des SATT est le constat de l’insuffisance des études et des investigations réalisées pour valoriser sur le plan économique les résultats de recherche issus des laboratoires publics.

L’amélioration du financement de cette maturation technologique est effectivement indispensable, et doit être la mission principale des SATT. Le glissement constaté dans les premières structures mises en place vers un rôle de guichet unique inter régional couvrant toutes les fonctions de la
valorisation (sensibilisation, conception, contractualisation) nous parait éminemment dangereux et contestable à double titre.

Le modèle financier des SATT repose malheureusement sur une rentabilité « court terme » avec des objectifs de vente et non sur une stratégie de développement des territoires par l’innovation et de pérennisation d’activités économiques s’inscrivant quant à elle nécessairement sur du long terme.
En confiant à ces SATT à la fois une fonction de valorisation par voie de transfert de propriété intellectuelle vers des entreprises existantes et par voie de création d’entreprise, tout en leur assignant l’obligation d’être rentable à moyen terme, « le modèle SATT » conduira immanquablement à privilégier la valorisation de la recherche par le mode le plus facile et lucratif à court terme, c'est-à-dire le transfert vers une entreprise existante. Les retombées des actions des SATT sur le territoire national et régional s’en trouveront réduites.
 
S’agissant du modèle de gouvernance des SATT, en excluant la participation effective des acteurs issus du monde économique et industriel, il tourne résolument le dos au triptyque formation/recherche/entreprise et est dès lors totalement inadapté aux missions assignées aux
SATT. Par ailleurs, la valorisation de la recherche devrait être de plus en plus soutenue par les collectivités territoriales, ces dernières ne sont pas clairement associées à la gouvernance.

Pour ces raisons, le dispositif d’appui à la valorisation de la recherche esquissé par le PIA nous paraît devoir être revu afin de permettre :

  • Une affectation aux SATT du seul rôle de financement de la maturation
  • Une gouvernance partagée de ces SATT associant l’ensemble des acteurs directement impliqués dans la recherche , l’innovation et le développement économique, notamment les opérateurs que sont les Technopoles, les Centres Européens d’Entreprises et d’Innovation, les Incubateurs et les Pôles de Compétitivité, sans oublier les Régions et les Métropoles.
  • Un modèle financier des SATT plus réaliste répondant à une logique de rentabilité longterme.
  • Une optimisation du dispositif global d’appui à la valorisation de la recherche autour des acteurs opérationnels déjà impliqués sur les territoires, et notamment ceux reconnus au plan international.

DISPOSER D’UNE POSITION CLAIRE SUR L’AVENIR DES INCUBATEURS :

En corollaire de la mise en place des SATT, il a été indiqué en 2012 aux incubateurs que leur financement par l’état allait être interrompu dans un délai de 3 ans.

La position du MESR doit être aujourd’hui éclaircie, nombre d’incubateurs ont connu de grandes difficultés, mais tous ont oeuvré à leur pérennité a travers la recherche de nouveaux financements, de partenariats plus étroits avec des technopoles, ou des Centres Européens d’Innovation, ou encore
des SATT ; RETIS peut contribuer à un inventaire des initiatives de nos membres incubateurs.

A l’heure d’une redistribution des compétences et des taches entre Etat et Région il est important que le devenir de cet outil efficace en matière de création d’entreprises soit préservé.

ARRETER D’INVENTER SANS CESSE DE NOUVEAUX OUTILS :

Les créateurs, les jeunes entreprises innovantes, plus encore que les autres ont besoin de stabilité dans leur environnement institutionnel. Chaque réforme ignore la précédente.

Pourtant, par la diversité de ses membres et la pérennité de son action, RETIS démontre sa capacité à favoriser les synergies opérationnelles entre outils de natures et d’origines souvent différente
 
RETIS capitalise plus de 20 ans d’expertise et dispose ainsi d’une vision d’ensemble des problématiques d’innovation entreprises-territoires.
Nous demandons à ce que les « métiers » que nous représentons soient mieux compris et mieux utilisés ; non par corporatisme, mais par volonté d’efficacité et d’optimisation de l’argent public et de l’engagement privé des chefs d’entreprises. Nous mettrons en oeuvre en 2013 une formation
qualifiante pour nos collaborateurs, que nous pourrions ouvrir à nos partenaires académiques, afin qu’ensemble nous construisions un référentiels des métiers de l’accompagnement à l’Innovation.

Aujourd’hui le monde de la valorisation reste encore trop loin de soin environnement économique, des passerelles doivent être organisées et pas seulement par les universités ou leurs entités ; les membres de RETIS sont une source de compétences, de capitalisation des informations stratégiques, des réseaux d’influences et de connaissances sur chaque territoire ou ils sont implantés.

Les réflexions en cours devraient être l’occasion de renforcer les partenariats opérationnels entre Université, Établissements de Recherche, et membres de RETIS.

Enfin DEVELOPPER L’INTERNATIONALISATION de nos savoirs en lien avec les territoires français et leurs acteurs de l’innovation :
Aujourd’hui nos meilleurs étudiants, nos meilleurs chercheurs sont convoités et attirés par d’autres pays : les Start Up crées dans nos incubateurs ou CEEI sont « volatiles » et de plus en plus « chassées » par d’autres régions du monde.

A l’inverse nos laboratoires pour de meilleures performances devront attirer des compétences étrangères. Malgré sa richesse la dimension internationale des réseaux de recherche des universités ou des établissements de recherche est insuffisamment connue des acteurs de l’innovation et peu utilisée pour renforcer l’attractivité de nos territoires. De même les membres RETIS, appartiennent à des réseaux internationaux, gèrent des projets européens, accueillent des Start Up étrangères, et accompagnent nos entreprises dans la globalisation de notre économie.

Forts de ces initiatives des actions conjointes entres acteurs de l’innovation, les Universités, les établissements de recherche, et les collectivités devraient être développées pour multiplier les échanges de savoir et renforcer l’attractivité de notre enseignement supérieur, de notre recherche et
de nos régions.