
BioSAP : booster la résilience végétale en Auvergne
- Incubateurs de la Recherche Publique
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Rencontre avec Aldo Borjas - BioSAP, startup accompagnée par Clermont Auvergne Innovation

À travers cette série d’articles, les Incubateurs de la Recherche Publique (IRP) mettent en lumière les startups qu’ils accompagnent et les innovations issues ou en lien avec la recherche publique.
Créés à l’initiative du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, les IRP ont pour objectif d’accompagner les entrepreneurs en leur offrant un cadre et des services personnalisés à forte valeur ajoutée à la création et au développement de startups innovantes.
Vous découvrirez ici des parcours de startups, mais aussi des focus sur les métiers de l’incubation, là où la recherche prend forme et se concrétise.
BioSAP : booster la résilience végétale en Auvergne
Avec son projet BioSAP, Aldo Borjas transforme des années de recherche en une innovation prometteuse : un superabsorbant biodégradable chargé de biostimulants pour aider les plantes à résister au stress hydrique. Accompagné en incubation par Clermont Auvergne Innovation et lauréat du concours i-PhD, il est l’illustration parfaite de comment la deeptech peut accélérer la transition vers une agriculture plus durable.
Un parcours ancré dans l’innovation
Ingénieur de maturation, Aldo Borjas développe depuis plusieurs années une expertise rare : comprendre comment des molécules issues d’algues ou de champignons peuvent renforcer naturellement les plantes.
Ses travaux menés au laboratoire GDEC ont posé les bases d’une ambition claire : transformer la biologie végétale en solutions concrètes pour répondre aux enjeux climatiques.
Sa thèse, soutenue en 2025, explore la capacité de certaines molécules à agir comme signaux d’alerte pour les plantes. En les percevant comme une agression, celles-ci activent leurs défenses internes. Aldo a ensuite combiné ces biostimulants avec un matériau superabsorbant, 100 % biosourcé, capable de stocker l’eau dans le sol et de la diffuser progressivement. Le résultat : une technologie hybride qui améliore la disponibilité en eau tout en renforçant la résistance physiologique des végétaux.
Des obstacles à surmonter mais un potentiel fort et reconnu
Développer BioSAP nécessite de relever plusieurs défis : faire reconnaître la valeur des biostimulants dans un secteur encore marqué par les pratiques classiques ; adapter chaque formulation aux cultures ciblées ; et garantir une production durable, biodégradable, capable d’être industrialisée. Malgré ces contraintes, les premiers résultats ont rapidement révélé un potentiel d’impact important pour l’agriculture en transition.
La reconnaissance nationale obtenue avec le concours i-PhD constitue un véritable tournant. Ce programme, dédié aux jeunes chercheurs, apporte un accompagnement stratégique d’un an. Il permet à Aldo d’affiner son modèle, de s’entourer d’experts du transfert technologique et de consolider les étapes clés vers l’industrialisation. Ce soutien, combiné au réseau deeptech mobilisé par Bpifrance et Clermont Auvergne Innovation, renforce la crédibilité scientifique et économique du projet.
L’appui déterminant de Clermont Auvergne Innovation
Clermont Auvergne Innovation joue un rôle structurant dans la trajectoire de BioSAP. Grâce à ses programmes de maturation et d’incubation, l’équipe accompagne Aldo dans la définition du positionnement marché, l’identification des applications prioritaires et la préparation d’une preuve de concept solide.
Cet encadrement, à la croisée de la recherche et de l’innovation, illustre la capacité d’un incubateur académique à transformer une découverte scientifique en solution à impact.
« L’entrepreneuriat, c’est pour moi un monde différent mais parallèle à la recherche, voire qui vient l’enrichir : cela permet de s’interroger sur le potentiel de valorisation de son sujet de thèse, et d’avoir les bons outils pour le faire »
Une réponse concrète au changement climatique
Avec BioSAP, l’objectif est clair : réduire la pression hydrique sur les cultures tout en limitant l’usage d’intrants chimiques. Le superabsorbant permet d’économiser l’eau, les biostimulants stimulent les défenses naturelles, et l’ensemble ouvre la voie à des pratiques plus durables. Pour Aldo, cette innovation doit devenir un levier au service d’une agriculture résiliente, capable de s’adapter aux épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents.
Les prochaines étapes se construisent en réseau : collaborations avec des coopératives, pépiniéristes et agriculteurs pour valider la technologie en conditions réelles ; optimisation des formulations selon
les cultures ; et exploration des voies de production à grande échelle. Cette phase de maturation sera essentielle pour transformer BioSAP en solution opérationnelle et compétitive.
Encourager la nouvelle génération
Fort de son expérience, Aldo encourage les doctorants à envisager l’entrepreneuriat comme un prolongement naturel de la recherche. Explorer la valorisation, comprendre la propriété intellectuelle, rejoindre des dispositifs comme Pépite et le Bootcamp Expl’AURA : autant d’opportunités pour donner vie à une idée scientifique. Selon lui, « c’est dans l’échange avec des profils variés que l’innovation devient réellement possible ».
BioSAP incarne la rencontre entre recherche académique, innovation deeptech et impact sociétal. Grâce au soutien de Clermont Auvergne Innovation et au tremplin i-PhD, Aldo Borjas transforme une découverte de laboratoire en solution concrète pour une agriculture plus durable. Une démarche exemplaire qui montre comment la science peut accélérer la transition écologique.
Retrouvez son interview complète sur le site de Clermont Auvergne Innovation

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