
Aurea Technology, une autre stratégie des Deeptech
- Incubateurs de la Recherche Publique
- Publiée le
Rencontre avec AUREA TECHNOLOGY, startup accompagnée par Deca-Bfc

À travers cette série d’articles, les Incubateurs de la Recherche Publique (IRP) mettent en lumière les startups qu’ils accompagnent et les innovations issues ou en lien avec la recherche publique.
Créés à l’initiative du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, les IRP ont pour objectif d’accompagner les entrepreneurs en leur offrant un cadre et des services personnalisés à forte valeur ajoutée à la création et au développement de startups innovantes.
Vous découvrirez ici des parcours de startups, mais aussi des focus sur les métiers de l’incubation, là où la recherche prend forme et se concrétise.
Aurea Technology, une autre stratégie des Deeptech
Spécialisée dans la photonique quantique avec des instruments et systèmes optoélectroniques, AUREA TECHNOLOGY est une start-up Deeptech, avant-gardiste en 2010. Il aura fallu attendre la stratégie nationale quantique plus de 10 ans après. A l’époque, ses trois co-fondateurs sont dans l’obligation de centrer leur stratégie sur la génération de chiffre d’affaires via des briques technologiques commercialisables rapidement. Johann Cussey, son directeur général, désormais co-président du comité de sélection de DECA-BFC, revient sur cette particularité en insistant sur l’importance des dispositifs de l’écosystème d’innovation.
Le chiffre d’affaires, la solution pour les Deeptech ?

« Cela peut paraître surréaliste mais l’accès rapide au marché avec génération de chiffre d’affaires est une des solutions dont disposent les start-up Deeptech pour pallier temporairement la frilosité actuelle des fonds d’investissement. Bémol : il faut que le domaine d’activité s’y prête. », martèle Johann Cussey. Pour le start-uppeur, ce n’est certes qu’une solution passagère. Mais, il est convaincu qu’au final, « l’important, c’est de commencer à vendre très vite son produit ou process innovant sur le marché même s’il ne contient pas toutes les briques technologiques ». Pour cela, il rappelle qu’il est important de bien calibrer son équipe dès le début et d’avoir un organigramme à moyen et long terme non seulement pour la R&D mais surtout pour tout le développement commercial. Ce n’est pas un hasard si Jérôme Prieur, serial entrepreneur dans la photonique, est président et directeur commercial d’Aurea Technology.
Johann Cussey modère bien évidemment son propos pour les biotechs.
Il conseille d’ailleurs aux futurs start-uppeurs Deeptech qui sont sélectionnés en incubation dans la région Bourgogne-Franche-Comté d’avoir une roadmap précise de leurs différentes levées de fonds et surtout de profiter du parcours START & GO Deeptech in BFC de DECA-BFC, contenant notamment une préparation intensive de 10 jours sur les levées de fonds avec pitch deck à l’issue devant un jury incluant des fonds nationaux. Johann Cussey salue d’ailleurs tout l’accompagnement réalisé par les incubateurs nationaux de la recherche publique au profit des start-up Deeptech et insiste sur la valeur différenciante que représente l’expertise des équipes des incubateurs au sein de leurs territoires respectifs.
Les concours d’innovation, un tremplin pour les briques technologiques
En tant que président national du concours i-Lab pour la 25-ème édition, Johann Cussey veut insister sur les labels des concours d’innovation i-Lab et i-Nov sans oublier i-Demo. « Ces concours d’innovation sont bien sûr des financements des briques technologiques mais ils permettent surtout une accélération de la maturité entrepreneuriale des start-uppeurs, obligés de rédiger des dossiers qui répondent à des cahiers des charges stricts ». Lauréat du i-Lab en 2011 puis du i-Nov en 2020, AUREA TECHNOLOGY a pu bénéficier grâce à ces deux concours de subventions et d’avances remboursables pour financer une partie de sa R&D. Il l’assure « le niveau des dossiers Deeptech a progressé de manière considérable avec une sélection de plus en plus ardue. Quand il existe, il ne faut pas que ces start-up hésitent à se faire accompagner pour la préparation de ces concours et les incubateurs de la recherche publique sont pour la plupart experts en ces domaines ». C’est ainsi qu’à DECA-BFC, il est heureux d’apprendre que pour l’édition i-Lab 2026, une douzaine de start-up ont débuté le parcours de préparation aux concours d’innovation DECA-CHALLENGE. Il est important de rappeler que plus de 50 % des lauréats i-Lab sont accompagnés par les incubateurs de la recherche publique.
Enfin, Johann Cussey veut insister sur le pourcentage de lauréats issus de la recherche publique car dit-il, « Aurea Technology n’existerait pas sans les travaux que j’ai menés avec un de mes co-fondateurs au sein de l’institut Femto-St à Besançon en Bourgogne-Franche-Comté, laboratoire de renommée mondiale, qui fabrique des start-up à forte valeur ajoutée qui restent sur le territoire »
Rappelons que les incubateurs de la recherche publique ont été créés il y a plus de 25 ans pour accompagner ses projets issus des laboratoires à leurs transformations en start-up au profit de la compétitivité de la France, de l’Europe et surtout de la société.
Aujourd’hui, AUREA TECHNOLOGY, c’est :
- Un spécialiste de la photonique quantique
- Une trentaine de salariés
- 85 % de son marché à l’international
- Des contrats de R&D avec le CNES et l’ESA

*Instruments optiques pour le comptage de photos capables de détecter de très bas niveaux de lumières – Copyright Aureatechnology
